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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 09:40

Dans le cadre de la convention entre l'École Freinet, l'Inspection académique de Nice, les laboratoires universitaires de Nancy 2 et Rennes 2, et l'Institut Français d'Éducation (ENS-Lyon), la rédaction d'un ouvrage sur l'École Freinet a été entreprise à l'automne 2010.

 

Cet ouvrage est rédigé par deux chercheurs de l'axe "Normes et valeurs" du LISEC-Lorraine : Henri Louis Go & Xavier Riondet.

 

Le travail d'enquête est mené en lien avec l'Institut Freinet de Vence. Il s'agit d'un travail d'étude d'archives et de recueil d'entretiens.

 

L'ouvrage sera publié fin 2013 aux Presses Universitaires de Nancy.

 

Ce livre intitulé À côté de Freinet, fera suite à l'ouvrage Freinet à Vence.

 

Dans Freinet à Vence, il s'agissait de décrire et théoriser les pratiques spécifiques de l'école Freinet en tant que "système didactique". Quiconque souhaite pratiquer la pédagogie de Freinet peut s'appuyer sur ce livre qui en décrit l'agencement d'ensemble.

 

Dans À côté de Freinet, il s'agira de comprendre les origines des techniques de vie des enseignantes de l'école Freinet depuis 1975, en donnant à voir le "style d'Élise Freinet" que l'école et l'Institut s'efforcent de sauvegarder.

 

Entretiens du 24 mars 2011 à Montauroux (83)

 

Xavier Riondet, Henri Louis Go, Carmen Montès

 XR HLG  XR CM

 

 

  Travail sur archives le 25 mars 2011 à l'école Freinet (06)

 

Xavier Riondet

  XR éc1  XR éc2

 

 


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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 16:20

 

DSC05194

 

 Hétérogénéité et Autonomie

(28 janvier 2011 à Nice)

Henri Louis Go (maître de conférences)

Carmen Montès, Brigitte Konecny (école Freinet de Vence)

 

  DSC05187 DSC05191

 

MATIN :

 Conférence :

L’individualisation, l’autorité, et la construction de l’autonomie

 

Extraits de vidéos commentés : 

Quelques situations spécifiques de l’École Freinet de Vence

Plan de travail, texte libre, méthode naturelle

 

Discussions

Questions et entretien avec les enseignantes de l’École Freinet

 

DSC05193 DSC05192

  

APRÈS-MIDI :

 Conférence et extraits de vidéos :

Un exemple d’adaptation de l’individualisation par un professeur novice (T1)

(extrait de vidéo commenté) 

 

Autres extraits courts de vidéos commentés :

Le graphique

La réunion coopérative

 

Discussion et synthèse

 

DSC05188

 

DSC05190

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 05:08

Ce livre est une version raccourcie et partiellement réécrite de la thèse de sciences de l'éducation que Henri Louis Go (maître de conférence à l'Université de Lorraine - Nancy) avait soutenue à Rennes en 2005 sous la direction du professeur Gérard Sensevy.

Il présente l'École Freinet de Vence comme un "pattern", un modèle sur lequel réfléchir pour une reconstruction de la forme scolaire d'éducation.

 

Cette thèse présente le récit d'une enquête ethnographique, philosophique, et didactique, menée in situ à l'École Freinet pendant 4 ans.

C'est la première fois qu'un tel travail d'enquête, aussi complet et approfondi, est engagé dans une école.

Cette recherche a pu aboutir grâce au soutien amical de Madeleine Freinet, qui a mis à notre disposition tous ses documents d'archives, et qui nous a consacré de très nombreux entretiens sur l'histoire de cette école et sur la vie de ses parents.

 

Henri Louis Go et Madeleine Freinet à Gars en 2004 :

 


M.Freinet

Freinet à Vence



 

Cette enquête a le mérite historique de présenter la "Réserve d'enfants", école laboratoire dans laquelle Freinet et Élise Freinet ont poussé le plus loin leurs expérimentations pédagogiques.


Le livre présente une synthèse de l'activité de l'École Freinet aujourd'hui, en tant que "résultat" de 70 ans d'existence.

Plus exactement, il présente l'école telle qu'elle a été portée depuis 30 ans notamment par Carmen Montès et Brigitte Konecny, nommées à l'école par Élise Freinet en 1975 et 1978, et Mireille Renard recrutée en 1984 par Carmen Montès.


Le livre n'a pas conservé certains chapitres de la thèse, en particulier celui qui concerne la "méthode naturelle" d'écriture-lecture, et sur le tâtonnement expérimental, parce que l'équipe de recherche de l'École Freinet continue de travailler actuellement sur cette question tout à fait fondamentale.


L'ouvrage constitue une entrée incontournable à la compréhension de ce qui a lieu dans cette école. Il n'est que le point de départ d'une activité de recherche qui se poursuit actuellement dans le cadre d'une convention avec les laboratoires universitaires CRÉAD et LISEC, avec l'Institut Freinet de Vence, et l'Institut Français d'Éducation.

 

Pour tout contact avec l'auteur :

 

henri-louis.go@univ-lorraine.fr

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:04

" A la ville surtout, les enfants du peuple sont tout à fait comme ces animaux qui, dans les zoos, sont contraints de s'adapter tant bien que mal à un espace réduit, avec un squelette d'arbre, un simulacre de ruisseau et la terre morte et nue.

Les animaux ne vivent pas dans ce milieu anormal qui ne leur permet pas les élémentaires fonctions physiologiques ; ou, s'ils y vivent, ils ne s'y reproduisent pas et, en tout cas, dégénèrent, quels que soient les soins alimentaires dont ils sont l'objet.

Aussi, pour conserver certaines espèces qui étaient menacées de disparition, a-t-on prévu une plus efficace réalisation : on a constitué dans le milieu naturel à ces espèces - forêts, montagnes, vallées - des espaces garantis contre l'inconsciente férocité des destructeurs. Les animaux à sauver peuvent y vivre et s'y développer dans l'atmosphère qui leur est spécifique. Ce sont ce que l'administration forestière appelle des réserves.

Nous demandons qu'on imite pour les enfants des hommes une réalisation intelligente et audacieuse qui a fait ses preuves pour les animaux.

       grotte                        (La grotte à l'école Freinet, enfants de maternelle, 22 avril 2010)

 

C'est en somme une conception nouvelle, plus rationnelle, des Jardins d'enfants, dont Mme Montessori avait lancé l'idée, mais qui, selon nous, étaient d'une conception trop faussement scientifique, trop formelle, qui ne répondait qu'à quelques uns seulement des besoins fonctionnels des enfants auxquels ils étaient destinés."

 

Freinet, C. (1969). Pour l'école du peuple. Paris : Maspéro

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 07:39

Jour : mémorable !

 

Lieu : Inspection Académique des Alpes Maritimes, bureau de Madame Sandrine Adam, Inspectrice Adjointe à l'Inspecteur d'Académie.

 

Événement : signature de la Charte et de la Convention (entre l'Inspection Académique de Nice, l'École Freinet, et des laboratoires de sciences de l'éducation), par Monsieur Jourdan, Inspecteur d'Académie des Alpes-Maritimes.

 

Objet : cette Convention reconnaît l'indépendance de l'École Freinet à l'égard de toute autre association.

 

Sur ces photos, le moment de la signature avec Madame Sandrine Adam (IEN Adjointe à l'IA), Carmen Montès (Présidente de l'Institut Freinet de Vence) et Henri Louis Go (enseignant-chercheur à l'Université de Lorraine, Nancy) :

 

photo 4

photo 5

photo 2

 

Ces documents sont le fruit d'un travail coopératif entre Monsieur Jourdan (Inspecteur d'académie des Alpes-Maritimes de l'académie de Nice), Madame Sandrine Adam (Inspectrice de l'Education Nationale Adjointe à l'IA), Henri Louis Go (enseignant-chercheur à l'Université de Lorraine), et les enseignantes de l'école Freinet (Mireille Renard, Brigitte Konecny, et Carmen Montès), avec la participation de Janou Lèmery (professeure de lettres, amie de longue date de la famille Freinet et de l'équipe pédagogique de l'École Freinet). 

La première version de ces documents avait été élaborée à l'initiative de Madeleine Freinet-Bens, en 1991. 

 

Ces documents garantissent l'indépendance de l'École Freinet en tant qu'école expérimentale, dont les pratiques spécifiques doivent être préservées. Ils permettent également d'adosser l'école à la recherche, en favorisant notamment la production d'articles et de thèses concernant les activités de l'École Freinet.

 

La convention, document administratif officiel, ne peut être publiée sur ce blog.      

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 07:37

 

Historique de l'école 

 

1. Rappel : de 1934 à 1967.

 

1934 : Freinet démissionne de l’enseignement public.

Rayonnement national de la pédagogie Freinet, que les événements de Saint-Paul ont fait connaître.

Au printemps, départ de Saint-Paul pour Vence où sera bâtie l’école nouvelle : la « Réserve d’enfants », devenue « École Freinet » : « Je prends la seule voie qui me semble possible pour continuer l’œuvre qui est toute ma vie » déclare Freinet, qui a 38 ans. La grande particularité de cette école est qu'elle sera un internat mixte.

Pendant l’été, déplacement de la Coopérative de l’Enseignement Laïc à Vence.

1er octobre, ouverture (sans autorisation officielle) de l’école sur la colline du Pioulier à Vence. Libre enfin de ses recherches, Freinet peut créer son « laboratoire vivant ».

 

freinet02

 

1937-38 : Exode des enfants espagnols. La « Réserve » devient un lieu d’accueil et d’asile, dans des difficultés matérielles et financières innombrables. « Servir l’Espagne, servir les enfants espagnols est notre seul souci » déclare Freinet.

Lancement des Brochures d’Éducation Nouvelle Populaires (BENP) : Freinet en écrira une vingtaine.

 

1939 : Avec la déclaration de guerre, la Coopérative de l’Enseignement Laïc et l’école vont cesser de fonctionner. Du 30 juillet au 6 août se tient tout de même le troisième « cours de vacances » pour des stagiaires qui viennent se former aux techniques de Freinet.

 

1940 : Freinet est arrêté, sur dénonciation, le 20 mars : il quitte son école entre deux gendarmes, sous les yeux des enfants. Il va être interné (voir : Freinet, 2004).

 

1941 : Le 10 juin, Élise Freinet quitte l’école, qui est confiée à une association tchécoslovaque : Joseph Fisera y recueille des centaines d’enfants, les sauvant ainsi de la déportation (une plaque commémorative a récemment été posée sur le "bungalow" d'Élise, à l'école).

 

1945 : En août, retour à Vence, et réouverture de l’école. Freinet déclare : « on repart à zéro ».

 

1949 : Le film L’école buissonnière fait connaître au grand public l’imprimerie à l’école et l’affaire de Saint-Paul.

L’École Freinet prend un nouvel essor, sa renommée conduit à Vence des milliers de visiteurs. Les « journées de Vence », en été, et les colloques s’y succèdent autour de Freinet. Un musée d’art enfantin y est créé. Freinet, qui ne peut enseigner régulièrement à cause de ses nombreuses responsabilités, fait venir des instituteurs, qui se succèdent à l’école.

 

Années 1960 : Des dissensions entre Freinet et certains membres de son mouvement vont se développer.

 

1964 : L’école obtient un statut « expérimental », et l’ Éducation Nationale rémunère les instituteurs.

 

1965 : Freinet contacte des banques et des universitaires, en vue de fonder « L’Institut Freinet de Vence » : il veut construire un bâtiment en face de l’école, où il formera les enseignants qui sont motivés pour apprendre à pratiquer la pédagogie qu’il a voulue dans cette école.

 

1966 : Mort de Freinet (8 octobre).

 

1967 : L’école est gérée par une association loi 1901 dont les buts sont d’assurer :

« la conservation, le développement et l’application pratique des méthodes pédagogiques de Célestin Freinet ».

L’école est dirigée par Élise Freinet, mais de plus en plus par Madeleine Freinet et son mari l’écrivain Jacques Bens.

Éloignement progressif entre l’École Freinet et l’Institut Coopératif de l’École Moderne (au cours des années suivantes, les tensions vont s’accentuer entre Élise Freinet et l’ICEM, et entre Madeleine Freinet et l’ICEM).

 

2. La direction de l’école par Carmen Montès

 

1975 : Carmen Montès est appelée par Élise Freinet à l’École Freinet (elle est formée sur place par Élise Freinet jusqu’en 1983). Arrivée à Vence, le groupe départemental de l’ICEM lui a demandé de « choisir entre Élise et l’ICEM ».

 

1978 : Élise Freinet fait venir Brigitte Konecny à l’école (elle est formée sur place par Élise Freinet jusqu’en 1983).

 

1981 : Carmen Montès devient directrice de l’École Freinet, à la demande de Madeleine Freinet.

 

1983 : Mort d’Élise Freinet (30 janvier).

 

1984 : Carmen Montès recrute Mireille Renard à l’école.

 

1991 : Madeleine Freinet, en difficultés financières, convainc le ministre de l’Éducation nationale Lionel Jospin de racheter l’école : l’École Freinet devient école publique d’État (à statut expérimental, hors carte scolaire), sous tutelle de l’Inspecteur d’Académie de Nice. Il est dit clairement que la vocation de l’école est de préserver la pédagogie qui a été voulue ici par Élise et Célestin Freinet.

 

1992 : À partir de mai 1992, conformément à l’arrêté de l’IA des Alpes-Maritimes faisant suite aux circulaires ministérielles de l’Education Nationale du 5 juin et du 31 décembre 1991, l’association des « Amis de Freinet » désignera, selon les termes de l’arrêté, deux de ses membres qui siégeront aux Conseils de l’École Freinet.

 

2001 : En juillet, l’école est inscrite au « Patrimoine du XXe siècle », grâce à une action des élèves de la classe des "grands" :

http://freinet.org/ne/109/encart109-pdf.pdf

http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/xxeme_label/notices/06/vence/ecole_freinet/ecole.htm 

http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/xxeme/f29.htm

http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/xxeme/popup/f29_pl.html


- Début d’une enquête ethnographique et didactique menée par Henri Louis Go dans le cadre d’une thèse de doctorat sous la direction du professeur Gérard Sensevy.

 

2003 : Création d’un groupe de travail à l’IUFM de l’académie de Nice par Henri Louis Go, en vue de former avec l’équipe de l’École Freinet des stagiaires à la pédagogie pratiquée dans cette école (des stagiaires ont été formés entre 2003 et 2008, pour préparer la succession de l’équipe en place).

 

2005 : Soutenance de la thèse d’Henri Louis Go à l’Université Rennes 2, à la suite des 4 années d’enquête in situ (mention « très honorable avec félicitations du jury à l’unanimité »).

 

2007 : Décès de Madeleine Freinet (8/08/1929 - 20/10/2007).

Transfert de propriété de l’État au Conseil Général. L’École Freinet reste attachée au Collège International de Valbonne pour sa gestion.

- Un livre est publié par Henri Louis Go sur le fonctionnement de cette école : Freinet à Vence. Vers une reconstruction de la forme scolaire ? Rennes : PUR.

- Actualisation du document « L’École Freinet » en conseil des maîtres : Charte validée par l’Inspecteur d’Académie de Nice concernant les conditions de nomination des enseignants dans l’École Freinet.

- Prise d’un temps partiel par Mélanie Grimonpont (directrice de l'école depuis 2009), pour passer tous les vendredis pendant un an dans la classe de Brigitte Konecny, et apprendre à pratiquer la méthode naturelle d’écriture/lecture.

 

2008 : Soutenance d’un Master 1 par François Carroz à l’Université Rennes 2 (codirigé par Henri Louis Go et Gérard Sensevy), sur le « plan de travail » dans la classe de Carmen Montès (mention TB). Soutenance d’un Master 2 par Anne Gabion à l’Université Rennes 2 (codirigé par Henri Louis Go et Gérard Sensevy) sur « l’éducation aux paysages » dans la classe de Carmen Montès (mention TB).

 

2009 : Départ en retraite de Carmen Montès et de Brigitte Konecny. Recrutement de Mélanie Grimonpont (directrice) et d’Avril Ferrandou-Levesque (commission : Madame Sandrine Adam, adjointe à l’IA, Carmen Montès, directrice, Henri Louis Go, universitaire).

- Soutenance d’un Master 2 par François Carroz à l’Université Rennes 2 (dirigé par Henri Louis Go) sur le « plan de travail » dans la classe de Carmen Montès, approfondissement du Master 1 (Mention TB).

- Création d’une Convention entre les laboratoires de recherche CREAD de Rennes 2 & LISEC-Lorraine de Nancy 2, et l’École Freinet. Henri Louis Go assurera la direction scientifique de l’école.

- Décision de créer « L’Institut Freinet de Vence »

- Actualisation de la Charte « L’École Freinet », sous l’autorité de Mme Sandrine Adam adjointe à l’IA, et écriture d'une "Convention tripartite"

- L'École Freinet est intégrée dans la circonscription de Vence

 

2010 : Enquête (master 2) de Philippe Ninoux (Université Nancy 2) sur l'accueil des "petits" à l'École Freinet.

- Séjours de François Carroz qui entreprend une thèse sur le "plan de travail" dans les 3 classes de l'école.

 

2011Séjours de François Carroz pour sa deuxième année de thèse.

- Séjours de Xavier Riondet pour l'écriture d'un livre sur l'histoire de l'école depuis 1975.

 

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 07:34

Racines de l'école

 

(citations, et extraits de textes de Freinet)

 

A l’heure où la « pédagogie Freinet » est si diversement interprétée, l’école qui fut ouverte par Élise et Célestin Freinet se doit de rester une école de référence. Chacun pourra y apprendre à la source ce qui a été voulu par l’inventeur de l’éducation coopérative, source « qui n’est point une halte, mais une route qui s’ouvre sur des horizons à conquérir ».

 

freinet06 


La pédagogie de l’École Freinet attend de chaque enfant qu’il exprime sa personnalité, en tenant compte de la collectivité à laquelle il appartient. Cet équilibre entre l’individu et le groupe se réalise grâce à la coopération scolaire. Si l’on ne voyait dans cette pédagogie qu’un aspect « libéral », on en ferait un système qui exalte et privilégie l’individu aux dépens du groupe, ce qui est contraire à la pensée de Freinet.

 

L’école fut d’abord un internat, actuellement la 1/2 pension y est obligatoire :

« Il n’y aura, à l’École Freinet, ni bonnes ni employés. Il y aura des camarades jeunes et des camarades adultes qui travailleront d’un commun accord pour la plus grande harmonie de la communauté. Les enfants, aidés par les adultes, assureront toutes leurs besognes essentielles. Aucun maillon de la chaîne commune ne leur sera inconnu : ils iront à la cuisine, au dortoir, à la lessive. Ils mettront le couvert à table, ils soigneront les quelques animaux ».

 

À l’École Freinet, l’enfant apprend à être autonome et responsable dans son travail scolaire, mais aussi dans ses activités extra-scolaires ; il participe selon ses possibilités aux diverses tâches de la communauté : veiller au rangement et à la propreté des classes, mettre le couvert, servir à table, aider à la vaisselle, au balayage, aux soins des animaux.

 

Cette autonomie se construit grâce à l’individualisation du travail. « Il faut perdre l’habitude de considérer que tous les enfants doivent au même moment se livrer à la même occupation ; c’est là une conception autoritaire et contre nature. Le travail individualisé, ou par équipes d’affinité, sera journellement à la base de l’activité scolaire. » À l’École Freinet, ce travail individualisé permet à chaque enfant de suivre les programmes scolaires nationaux à son propre rythme, grâce aux fichiers autocorrectifs, aux plans de travail, et au soutien permanent de l’enseignant.

           

L’École Freinet est centrée sur l’enfant. « Techniquement parlant, l’école traditionnelle était centrée sur la matière à enseigner et sur les programmes qui la définissaient, la précisaient, et la hiérarchisaient. Aux maîtres et aux élèves de se plier à leurs exigences. Notre école est centrée sur l’enfant, membre de la communauté. C’est de ses besoins essentiels, en fonction des besoins de la société à laquelle il appartient que découlent les techniques à dominer, la matière à enseigner. Il s’agit d’un véritable redressement pédagogique et humain, qui doit permettre à l’enfant d’accéder, avec un minimum de puissance, à sa destinée d’homme. »

           

L’enfant construit lui-même sa personnalité avec notre aide. « Nous mettons l’accent, non plus sur la matière à mémoriser, sur les rudiments de sciences à étudier, mais sur la santé et l’élan de l’individu, sur la persistance en lui de ses facultés créatrices et actives, sur la possibilité (qui fait partie de sa nature) d’aller toujours de l’avant pour se réaliser en un maximum de puissance, sur la richesse du milieu éducatif. »

 

            Mais cette école n’ignore pas le sens de la discipline. « L’École Freinet ne sera nullement une école anarchique dans laquelle le maître ne parviendra pas toujours à maintenir sa nécessaire autorité. Elle sera au contraire la mieux disciplinée qui soit, parce que supérieurement organisée. La discipline de l’école sera l’expression naturelle et la résultante de l’organisation fonctionnelle de l’activité et de la vie de la communauté scolaire. (…) Dans la pratique, il ne faut pas trop compter sur les sanctions pour améliorer une situation quelle qu’elle soit. La critique collective, la reconnaissance des fautes, le sentiment communautaire, le désir de mieux faire, se montrent en général suffisamment efficaces. La seule sanction régulière est ordinairement de réparer le mal, de refaire ce qui a été défait, de nettoyer ce qui a été sali, d’aider à une tâche pour compenser le tort causé à la classe… »

           

La vie de l’école est régulée par l’utilisation d’un journal mural. « La lecture du journal mural, est l’occasion d’une sorte de profond examen de la vie communautaire de l’école pendant la semaine écoulée ». La feuille elle-même est divisée en quatre rubriques ayant respectivement pour titres : Je critique, Je félicite, Je voudrais, Je propose. « Sur ce journal, les élèves viennent au cours de la semaine inscrire librement leurs griefs, les erreurs ou les fautes qu’ils constatent, dénoncer les insuffisances de tels services, ou de telle organisation (de même pour les félicitations)… Rien n’est plus moral et aussi profitable que cet examen commun, à la fois critique et constructif, de la vie de la classe. Les conditions mêmes de cet examen collectif excluent toute tendance à la médisance, à la calomnie, à la méchanceté mesquine. Car la mauvaise intention serait bien vite démasquée et ridiculisée. Les enfants font preuve, dans cette autocritique, d’une loyauté et surtout d’un courage étonnants. La camaraderie elle-même ne joue que dans une faible mesure. On peut critiquer et rester pourtant excellent camarade si on est loyal, sincère et bon. »

           

La vie coopérative s’appuie pourtant sur l’individualisation du travail. « Il faut veiller non pas, comme on le supposerait, à ce que l’élève n’en réduise pas malicieusement l’ampleur, mais au contraire à ce qu’il ne surestime pas ses capacités et sa force. Nous bénéficions là, en effet, d’une tendance qui n’est pas particulière aux enfants. Quand nous rentrons de vacances, nous faisons, nous aussi, pour l’année qui commence, des projets qui, à l’usage, s’avèrent toujours exagérés. L’enfant procède de même : il est large et généreux dans l’estimation de ses possibilités et nous bénéficions de cette disposition favorable dont il faudra éviter les excès. Car l’enfant se surmènerait, ou aurait le sentiment désastreux de son impuissance et de son échec, toutes choses essentiellement nuisibles à l’œuvre éducatrice. À condition qu’il ait établi lui-même son plan de travail (avec l’aide de l’éducateur ou de camarades) dans le cadre de certaines nécessités dont il comprend ou admet l’urgence, l’enfant aura à cœur de le terminer. Ne pas y réussir serait un grave échec qu’il ne veut pas encourir. » L’auto-contrôle de l’élève est établi avec l’enseignant et le groupe à l’aide d’un graphique présent sur la feuille du plan de travail, où sont retenus des critères permettant de réfléchir sur l’activité accomplie durant la période de plan.

           

Tout cela contribue à l’éducation morale et civique du futur citoyen. « L’éducation civique, comme l’éducation morale, ne saurait se faire par des leçons, par des règles apprises, ou même par l’énoncé de principes solennels. On peut connaître à la perfection le fonctionnement des institutions et n’en être pas moins un citoyen déplorable. Comment préparons-nous le futur ?

-          par l’organisation de la coopérative scolaire, au sein de laquelle les enfants s’entraînent à prendre des responsabilités

-          par l’édition d’un journal scolaire qui initie les enfants au processus d’édition de journaux, et de ce fait, détruisent en eux le culte de la chose imprimée qu’exploitent les politiciens

-          par les échanges interscolaires nationaux et internationaux, qui élargit l’horizon des enfants et leur fait comprendre ce que doit être la solidarité et la fraternité

-          par l’organisation de rassemblements d’enfants sur le plan cantonal, puis départemental, national et international, présidés par un bureau d’élèves élus où toutes les questions portées à l’ordre du jour sont effectivement discutées

Il n’y a pas de meilleure préparation au rôle de citoyen que cette pratique effective de la liberté, de la coopération et de la démocratie. »

           

L’activité artistique est essentielle à la formation d’une personnalité ouverte. « Pour juger d’un dessin, il faut vous refaire une âme neuve et sensible, et sentir, par-delà la maladresse du coup de crayon, la personnalité qui transparaît, une sensation fugitive qui s’exprime, un être qui se réalise et qui monte. Nous ferons une place importante à ces réalisations artistiques : dessin, illustration de texte, peinture, gravure, chant, danse, théâtre, guignol. »

 

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L’école sollicite toutes les personnes qui peuvent faire œuvre d’éducation en intervenant auprès des élèves. « Quand nous aurons un travail délicat à faire au jardin, nous demanderons à un paysan habile de venir nous aider, nous enseigner et nous guider. Nous n’attendons pas de lui qu’il fasse un cours, mais seulement qu’il nous montre comment il pratique. Quitte à compléter ensuite son apport technique par les explications théoriques ou les réserves scientifiques qui s’imposent. Mais cette activité deviendrait elle-même un inutile et dangereux papillonnement si elle n’était ordonnée en vue d’une conception éducative tout entière basée sur l’éminente vertu du travail. » Il faut aussi que les parents d’élèves considèrent comme naturelle leur collaboration à l’œuvre d’éducation. En classe, par la lecture du livre de vie, l’accès aux productions des enfants, les dialogues avec les enseignants, la participation éventuelle à des ateliers, l’accompagnement lors des sorties ; et à la maison, par le suivi des plans de travail, la lecture des journaux scolaires, la préparation des conférences. À l’école Freinet, les discussions autour des faits d’actualité, les échanges culturels avec les visiteurs et les stagiaires, la correspondance interscolaire, les conférences d’enfants, les sorties éducatives et les enquêtes, les rencontres avec les intervenants, donnent à l’enfant une connaissance vivante du monde dans lequel il vit.

 

Une sollicitude qui porte à faux (in : Essai de psychologie sensible)

« Il est des parents et des éducateurs qui n’ont aucune notion de l’importance formative souvent indélébile des tout premiers réflexes et qui considèrent que l’éducation commence seulement à l’âge de conscience et de raison (entre 8 et 10 ans) et qu’on pourra alors former l’enfant comme on guide une machine sans tenir compte de l’expérience passée.

Aujourd’hui, les parents se préoccupent davantage de leurs enfants que par le passé ; ils s’en préoccupent parfois trop, ou plutôt ils rompent sans s’en rendre compte l’indispensable équilibre né des règles de vie. Et nous tombons alors dans les pires erreurs d’éducation, qui sont peut-être beaucoup plus qu’on ne croit à l’origine du déséquilibre individuel contemporain.

On écrirait tout un livre sur la variété parfois cocasse des mécanismes anormaux imposés par les enfants à des parents faibles et inconscients. Les conséquences en sont redoutables. L’enfant qui n’est pas dominé par une règle qui aurait l’implacabilité et l’éminence des lois naturelles, se fixe lui-même, au hasard des tâtonnements, une règle à lui, qui est comme un pilier planté de travers pour son propre échafaudage.

C’est en pensant à toute cette sollicitude maternelle et paternelle qui s’exerce à faux, à cette faiblesse anormale dont l’enfant triomphe dans sa recherche de la puissance pour imposé ses comportements tâtonnés, bien vite transformés en réflexes mécaniques, c’est en considérant ce désordre qui n’a plus le correctif de l’inéluctable nécessité naturelle que nous disons : la plupart des parents ont cru parfois faire un pas vers une nouvelle éducation, mais ils ont fait un faux pas. Il faut absolument qu’ils comprennent leur erreur, qu’ils ne se contentent pas de se serrer autour de l’enfant comme autour de la flamme qui les exalte un instant et les unit, mais qu’ils prennent conscience de l’équilibre et de l’harmonie qu’ils doivent retrouver s’ils ne veulent pas que cette flamme mal orientée s’étende hors du foyer, cherchant, en vain parfois, un aliment, suscitant la lutte et le désordre, pour mourir enfin d’inanition.

Le chemin de la vie n’est pas une route blanche et droite, mais un sentier rocailleux et accidenté auquel il faut être quelque peu habitué pour ne point y sombrer. C’est rendre aux enfants le pire des services que de trop aplanir ce sentier, de le dégager et de l’élargir, en sacrifiant à l’apparent bonheur actuel la préparation active aux lendemains décisifs. »

 

La vie se prépare par la vie (in : Les dits de Mathieu)

 

« Si vous craignez que votre fils se bosselle le front, déchire son tablier, se salisse les ongles et les mains, risque de tomber ou de se noyer, enfermez-le dans votre salle à manger, confortablement, et tenez-le en laisse quand vous sortez.

(…) Posez tout autour de son activité particulière une série de barrières qui empêcheront votre petit homme de faire jouer ses muscles et ses sens. Choisissez attentivement les discours que vous lui destinez et les livres qui lui donneront l’image toujours fausse, puisqu’elle n’est que l’image, de la vie qui l’appelle impérieusement. Et restez insensibles aux regards d’envie qu’il jette sur les activités défendues, comme ces chevreaux qui, la tête entre les barreaux, tendent leurs regards vers la nature qui les attire…

Choisissez pour lui une école bien confortable, où l’on ne maniera ni marteaux, ni éprouvettes, où l’on ne se blessera pas avec la gouge qui glisse malencontreusement sur le lino qu’on grave, où l’on ne salira pas ses chaussures à la boue des chemins ou à la terre des jardins.

Vous vous étonnerez ensuite, si votre enfant est maladroit de ses mains, hésitant dans ses jeux et ses travaux, inquiet et timide devant les exigences de l’effort, désaxé dans un monde où il ne suffit pas de savoir lire et écrire, mais qu’il faut appréhender à bras le corps, avec décision et héroïsme.

 

           

           

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 04:02

 

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Lundi 29 novembre, l'école reçoit 10 enseignantes de l’école Pasteur de Nice accompagnées de deux conseillers pédagogiques qui souhaitent développer un Projet d’école fondé sur des valeurs de coopération, de développement d'autonomie, de respect et d’entre-aide.

 

 

 

Programme de travail :

 

Observations des activités dans les classes

   - Chez les petits : conférence d'enfant

   - Chez les moyens : écriture de textes, entretien, lecture de textes

   - chez les grands : écriture de textes, conduite du travail personnel, lecture de textes

 

Discussion, échanges avec Brigitte et Carmen

   - Le plan de travail

   - l'autocorrection

   - l'évaluation

   - la réunion de coopérative

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 03:51

  

Programme de travail :


 

mardi 8 mars 2011

 

  - matin :

  observation du "texte au tableau" dans la classe des petits (Mélanie),

 

M 

 

des moyens (Mireille),

Mi 

 

et des grands (Avril).

A 

 

 

- après-midi :

Entretiens avec Brigitte et Carmen, en vue du livre que nous écrivons sur l'École Freinet .

 

Bri Carm

 

- François passe la semaine à l'école pour le recueil de données sur le plan de travail, dans le cadre de sa thèse, et pour des entretiens.

 

Carroz      

 

 

 

Et ce mardi 8 mars, c'est aussi le carnaval à l'école !

 

carnaval 2011 avril 059

 

carnaval 2011 avril 103  carnaval 2011 mireill 008  

Les maîtresses ne sont pas les dernières à s'amuser !

 

carnaval 2011 avril 054  carnaval 2011 avril 100

 

carnaval 2011 mireill 021  carnaval 2011 mireill 001

Petits sketches au théâtre

 

carnaval 2011 mireill 032  carnaval 2011 avril 120  

 

carnaval 2011 avril 102    carnaval 2011 mireill 035

P'tit goûter

 

carnaval 2011 avril 115 carnaval 2011 avril 117

Le roi brûle !

 

carnaval 2011 mireill 063

La danse finale !

 


 

mercredi 9 mars 2011

 

  - matin :

discussion sur l'avancement des projets de l'Institut

(livre, et brochures sur les pratiques spécifiques).

 

- après-midi :

auto-analyse du texte au tableau par les 3 enseignantes, et discussion sur les choix d'action qui ont été faits pendant ces activités, explicitation des raisons qui s'inscrivent dans la "méthode naturelle", analyse d'exemples de tâtonnements par les élèves.

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 03:49

Ces cinquièmes Journées nous ont permis de faire l'AG de l'association "ARCHIVES FREINET", avec la présence de sa présidente Claude Moran, dite "Totie", que Madeleine Freinet considérait comme sa sœur.


Programme de travail :


jeudi 1 juillet 2010

 

- AG "ARCHIVES FREINET", présidée par Claude Moran : élection d'un nouveau bureau, et projets 2010-2011.

- Bilan de l'année à l'École Freinet, avec la nouvelle équipe d'enseignantes, et projets 2010-2011. 

 

Vendredi 2 juillet 2010

 

- Travail dans les classes, préparation de la rentrée de septembre.

 

Avril & Mélanie :

Avril-et-Melanie.jpg

 

Après une longue journée, allons casser la croûte le soir à l'école :

Vence1

 

Apéro...

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Sur la terrasse de Mélanie :

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