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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:04

" A la ville surtout, les enfants du peuple sont tout à fait comme ces animaux qui, dans les zoos, sont contraints de s'adapter tant bien que mal à un espace réduit, avec un squelette d'arbre, un simulacre de ruisseau et la terre morte et nue.

Les animaux ne vivent pas dans ce milieu anormal qui ne leur permet pas les élémentaires fonctions physiologiques ; ou, s'ils y vivent, ils ne s'y reproduisent pas et, en tout cas, dégénèrent, quels que soient les soins alimentaires dont ils sont l'objet.

Aussi, pour conserver certaines espèces qui étaient menacées de disparition, a-t-on prévu une plus efficace réalisation : on a constitué dans le milieu naturel à ces espèces - forêts, montagnes, vallées - des espaces garantis contre l'inconsciente férocité des destructeurs. Les animaux à sauver peuvent y vivre et s'y développer dans l'atmosphère qui leur est spécifique. Ce sont ce que l'administration forestière appelle des réserves.

Nous demandons qu'on imite pour les enfants des hommes une réalisation intelligente et audacieuse qui a fait ses preuves pour les animaux.

       grotte                        (La grotte à l'école Freinet, enfants de maternelle, 22 avril 2010)

 

C'est en somme une conception nouvelle, plus rationnelle, des Jardins d'enfants, dont Mme Montessori avait lancé l'idée, mais qui, selon nous, étaient d'une conception trop faussement scientifique, trop formelle, qui ne répondait qu'à quelques uns seulement des besoins fonctionnels des enfants auxquels ils étaient destinés."

 

Freinet, C. (1969). Pour l'école du peuple. Paris : Maspéro

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 19:03

 

 

DSC00575  

      
" Tout se passe comme si l'individu - et d'ailleurs tout être vivant - était chargé d'un potentiel de vie, dont nous ne pouvons encore définir, ni l'origine, ni la nature, ni le but, qui tend non seulement à se conserver et à se recharger, mais à croître, à acquérir un maximum de puissance, à s'épanouir et à se transmettre à d'autres êtres qui en seront le prolongement et la continuation. Et tout cela, non pas au hasard, mais selon les lignes d'une spécificité qui est inscrite dans le fonctionnement même de notre organisme et dans la nécessité de l'équilibre sans lequel la vie ne pourrait s'accomplir.

Toute contrainte, tout obstacle qui gènent et empèchent cette réalisation dynamique de la destinée intime de l'être, sont ressentis comme une dangereuse rupture de l'équilibre nécessaire.

La baisse du potentiel de vie sucite un sentiment d'infériorité et d'impuissance qui nous est une douleur profonde, tout comme le coup qui atteint notre corps risque de diminuer notre puissance physiologique, de déséquilibrer notre organisme et de nous occasionner une souffrance qui n'est que la traduction sensible de l'atteinte subie.

C'est au contraire dans la recharge normale de ce potentiel de vie que l'homme puise son sentiment de puissance qui lui est aussi essentiel que le souffle même, dont chaque raté provoque une oppression, dont la satisfaction est comme une exaltation de cet instinct de vie, sans lequel, malgré les plus étonnantes découvertes de la science et de la philosophie, rien ne serait.

Toute notre pédagogie visera justement à conserver et à accroître ce potentiel de vie que les méthodes traditionnelles entament jusqu'à l'éliminer parfois, et dont la persistance et l'exaltation sont comme le baromètre même d'une saine méthode. "

              (Essai de psychologie sensible)  Freinet, C. (1994). Oeuvres pédagogiques (1). Paris : Seuil. (P.)
                    (Peintures, Ecole Freinet de Vence)
      

 

1933, Freinet et sa fille Baloulette dans l'Estéron à Gars

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